
Aux antipodes de cette tendance mortifère qu’est la malbouffe, il y a un geste : celui de ces grands-mères italiennes répété au quotidien dans le secret de leurs cuisines. Un geste quotidien, banal, mais si essentiel que Daniele Di Michele a choisi de le célébrer. Pour en garder le souvenir, mieux le graver dans les mémoires, cet économiste de formation travaille depuis près de vingt ans en anthropologue, en quête de recettes et de savoir-faire culinaires. Quel rôle l’acte de cuisiner a-t-il dans nos sociétés ? Dans les campagnes italiennes où se prépare le cònsolo qu’on offre aux familles endeuillées, quel sens prend-il ? À l’heure des fast-foods et des fermes urbaines, quelle place lui consacre-t-on ? C’est ce grand écart que Daniele Di Michele a entrepris de questionner. À sa manière…
Surnommé Don Pasta, il livre le fruit de ses recherches en des restitutions atypiques, avec pour instruments un piano de cuisine, une batterie de casseroles et le rythme des fourneaux. Daniele Di Michele se fait DJ, mixe en préparant des pâtes – selon la recette transmise par la nonna – tandis qu’un dispositif live soutient son récit, projetant des films d’archives et des portraits vidéo.
Le chef italien n’en est pas à son coup d’essai. Son jazzy Food Sound System a déjà fait le tour du monde. Activiste inventif, il a réalisé plusieurs films, documentaires, séries et performances qui l’ont auto-institué « cuistot, poète, écologiste », selon son site internet (donpasta.it). Les Toulousains ont ainsi pu le découvrir au festival Rio Loco et au Bikini, alors que ses liens amicaux avec le théâtre Garonne ne datent pas d’hier.
« Daniele avait besoin d’un soutien pour son projet », explique Cécile Baranger, chargée de la communication à Garonne. C’est donc naturellement que le théâtre a produit son nouveau spectacle. À ce banquet fictif sont convoqués Karl Marx, sa grand-mère et John Coltrane ; humour et pensée politique s’en mêlent, grâce à la complicité de Julien Cassier (Le GdRA) à la mise en scène.









