Depuis douze ans, la deeptech Qista, basée à Sénas (13), développe des solutions écologiques intelligentes de lutte contre les moustiques. L’histoire a commencé à la demande du parc naturel de Camargue qui souhaitait étudier l’impact des larvicides sur le biotope. Face au constat désastreux de destruction des chironomes (mouches que l’on confond souvent avec les moustiques) très utiles dans la chaine alimentaire pour nourrir oiseaux ou insectes comme les libellules, Qista a travaillé, en partenariat avec des chercheurs, sur un dispositif s’appuyant sur le biomimétisme. « Notre borne émet du CO2 recyclé (récupéré dans un centre de méthanisation NDLR) pour imiter la respiration humaine, et libère un attractif olfactif naturel qui attire la femelle en recherche de proie, l’aspire et l’asphyxie; on l’empêche ainsi de pondre ces 300 oeufs en 48h sans pour autant recourir à des substances nocives, ni toucher la population mâle (qui ne pique pas NDLR) » synthétise Pierre Bellagambi, PDG de Qista.

Depuis, la deeptech qui assure que sa technologie permet de réduire de 88% les nuisances, a installé plus de 16 000 bornes dans près de 150 municipalités (dont Hyères qui a ciblé des zones sensibles et bientôt Marseille) et conquis 37 pays. Qista regrette néanmoins une prise de conscience des pouvoirs publics encore insuffisante: « L’habitude prend le pas, il est plus facile d’acheter une boite d’insecticide ou de faire de l’épandage aérien. » Du coup, en janvier dernier, Qista a présenté au CES Las Vegas une nouvelle génération de pièges anti-moustiques conçue spécifiquement pour les particuliers. « Plus de 800 000 personnes dans le monde meurent chaque année de piqûres de moustiques et 2,5 milliards sont confrontées à des maladies comme la dengue, le paludisme, le zika ou le chikungunya, rapporte Pierre Bellagambi. Il y a urgence.» Plus compact (506 mm de hauteur pour 193 mm de largeur et 506 mm de longueur), plus léger (4,5 kg), Qista One XS combine un rayon d’action de 60 mètres, une autonomie multipliée par dix par rapport aux générations précédentes et un cylindre de CO2 ultraléger pour simplifier l’installation et la logistique. Positionnée comme une offre plus abordable (540 euros TTC), cette nouvelle solution, qui vise à démocratiser l’accès à une protection écologique, sera commercialisée en avril 2026 (sur le site et certainement dans de grandes enseignes).
Qista (60 collaborateurs, 5 millions d’euros de chiffre d’affaires) a écoulé cette année 3 500 pièges et compte tripler sa production avec un déploiement en France, en Europe et au Moyen-Orient.
www.qista.com