C’est en découvrant sur une plage un applicateur de tampon en plastique que Samia Dahmouni a eu le déclic. Face à l’inertie législative en matière de production et de composition des protections périodiques, elle décide de créer la première filière de collecte et de valorisation de ces déchets, en s’appuyant sur des partenaires industriels. « Au cours de sa vie, une femme menstruée jette, malgré elle, en moyenne 10 000 à 12 000 protections périodiques qui finissent dans l’Océan, constate Samia Dahmouni. De plus, à peine 20 % de ces protections sont sans plastique et sans perturbateur endocrinien. La santé des femmes mérite mieux que ce silence médical ! »
La start-up Cyclezen voit ainsi le jour en 2024 avec une ambition d’économie circulaire intégrale visant à équiper les lieux, recevant du public, de distributeurs de protections périodiques puis à les valoriser. Deux ans plus tard, le bilan est mitigé car la mise en place de la filière prend plus de temps que prévu. « Nous pensions lancer cette année l’expérimentation mais nous avons des délais de cycle de vie à effectuer pour la transformation. Des tests vont être menés en laboratoire et il faudra attendre 2027 pour avoir les résultats de dégradation biologique. Notre objectif de valorisation en circuit court est maintenu mais décalé à horizon 2030 », indique la CEO de Cyclezen. En attendant, la société se recentre sur son activité B2B (installation de distributeurs dans des entreprises, restaurants, lycées) et elle finalise une application d’accompagnement en santé des femmes. « En rencontrant des acteurs du milieu hospitalier, nous nous sommes aperçus qu’il y avait une véritable errance médicale sur des pathologies gynécologiques comme l’endométriose, les troubles du cycle… Notre appli vise à identifier des patterns, orienter chaque femme vers un parcours de santé adapté, et briser l’isolement face à des symptômes trop souvent minimisés (douleurs…) ou mal diagnostiqués », explique Samia Dahmouni, experte en communication digitale, tech et traçabilité textile, mais aussi en développement web et appli.
Une version bêta, gratuite, de l’appli est en cours de lancement, les fonctionnalités évolueront en fonction des retours des patientes et d’un comité scientifique.